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18 janvier 2007
Le manga
Alors que la première manga japonaise traduite en breton vient de paraître, (Rouanez ar forbaned / La reine des bandits), il serait intéressant de se pencher plus en avant sur le phénomène de la manga qui depuis les années 80 ne cessent de gagner du terrain dans notre univers culturel et littéraire.
Tout d’abord, il faut savoir que le genre masculin comme féminin peut qualifier la bande dessinée à la base japonaise, suivant que l’on évoque le genre (le manga) ou l’art (la bande dessinée japonaise nommée manga).
Le mot manga signifie légèreté, "man" et graphisme, illustration, "ga". Le terme a été crée par Hokusai (1760 – 1849 ; Il s’est fait connaître par Le mont Fuji vu de Kanagawa)
pour designer des recueils de croquis et de caricatures qu’il a publiée au début du XIXe siècle.
L’apparition de la manga en France s’est faite par le biais de la télévision et plus particulièrement par les dessins-animés (les animés) comme Candy, Dragon ball, Juliette je t’aime, Nikky Larson, Cat’seyes… qui, pour la plupart, passaient dans l’émission le Club Dorothée (sur Antenne 2). Ainsi, de très nombreux enfants des années 80 ont tout de suite été séduits par l’arrivée des mangas quelques années plus tard puisqu’ils retrouvaient leurs héros préférés en bande-dessinées.
La place de la manga en France et en Asie (le phénomène est plus distinct au Japon mais il faut aussi évoquer la Corée et la Chine) n’est pas la même, que ce soit au niveau économique ou culturel. Au Japon, tout manga est pré-publié dans une revue bien spécifique (suivant l’age le sexe et la profession du lectorat). Le lecteur donne son avis et seuls les mangas les plus appréciés passent en livre individuel.
La manga possède une place particulière dans la vie du japonais puisque chaque « public » a sa manga, que se soit le collégien, la femme au foyer, le retraité, le cadre actif, la jeune étudiante, l’homosexuel, l’amateur de base-ball… Les trois grandes catégories divisées ensuite en sous-catégories sont Shonen (garçons), Sojho (filles) et Seinen (adultes).
La manga s’achète à très bas prix, se consomme sur place et est jetée après lecture. Elle est récupérée par des SDF qui la revendent d’occasion. Le tirage d’une manga populaire au Japon est impressionnant et peut atteindre 120 millions de volumes vendus, comme Dragon Ball
(depuis sa création en 1984.) La manga seule représente 25% du marché économique du livre, soit environ 4 milliards d’Euros. En France, la bande dessinée représente 15% du marché soit un peu moins de 3 milliards d’Euros. La comparaison entre ces différents chiffres est amère et donne à réfléchir. Même si aujourd'hui, le réseau français commence à saturer, les mangas les plus populaires restent Full metal alchemist, Nana, Naruto, One piece
vendus en moyenne entre 70 000 et 110 000 exemplaires… Pour conclure cette comparaison, il faut aussi savoir que la manga a une parution très productive puisqu’un nouveau numéro peut sortir tous les mois !
Dans les pays occidentaux, la grande majorité des mangas sont encore considérées comme de la sous littérature violente, mal dessinée et destinée à un public masculin pré-pubère. La rapidité de production peut expliquer le dessin parfois grossier de certaines manga. Par ailleurs, pour les Japonais, le plus important n’est pas contenu dans l’illustration mais dans l’histoire et le suspens. De plus, une manga publiée en noir et blanc, dans le sens original de la lecture (de gauche à droite) sur du papier de mauvaise qualité et très souvent en format poche, n’incite peut-être pas les néophytes à dépasser les préjugés. Pourtant, de nombreux bijoux ne demandent qu’à être découverts comme Quartier lointain ( JiroTanigushi) qui vient de paraître en intégrale, Icare ( Jiro Tanigushi et Moebius), L’école emportée ( Kazuo Umezo), Hikaru no go (Takeshi Obata), qui permet aux lecteurs d’apprendre à jouer au Go, Monster (Naoki Urasawa), Battle royal (Koshun Takami), Love Hina (Ken Akamatsu ), …
Ces vingt dernières années, l’Occident a donc accueilli à bras ouverts les mangas japonais et chinois, puis Coréens. Aujourd’hui, ont voit arriver des mangas écrits par des mangakas (auteurs de mangas) européens comme c’est le cas avec la manga Pink diary (Jenny). Certains bédéistes se sont également beaucoup inspirés de ces influences comme La rose écarlate (Patricia Lyfong) ou Les légendaires (Patrick Sobral)
Devant tant de succès et d’influences constructives, il ne reste plus, et la tache semble encore difficile, à convaincre un public adulte, lettré et attaché à d’autres genres littéraires que la manga possède une valeur remarquable.
Au boulot !!!
08:46 Publié dans on en parle... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : manga, pink diary, monster, naruto, one piece, nana, dragon ball
17 janvier 2007
Coin
Plumes, lune, caillou,
L’enfant joue, petit, petit,
dos au mur.
Son ombre immense se dessine,
Théâtre de vie.
Personne ne voit.
Et l’enfant joue, et l’enfant parle
Lune, Plumes, caillou,
Ronde de vie, petit, petit
dos au mur,
personne ne voit
personne n’entend la danse
imaginaire,
personne n’entend le sourire,
se dessiner, petit, petit,
dos au mur.
L’ombre muette garde le secret ;
Rire de l’enfant seul
Caillou, plumes, lune,
Amis, amis,
Danse, chante,
Dans un coin, petit, petit
de paradis.
22:10 Publié dans Création | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, enfant, création
16 janvier 2007
Mot d'Estie.
09:38 Publié dans on en parle... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rebecca dautremer, livre jeunesse, frederic ricou
10 janvier 2007
A tous les fils du vent...
Pas d'inquiétude, ce n'est qu'une tentative de vœux.
Rien de grave. Petit rituel du bonheur clandestin.
Mais si nos vies changeaient vraiment de chemin tout en changeant d'année ?
La Roumanie et la Bulgarie viennent de rallier l'Europe. Et après tout, si la vieille europe est un foutoir, on peut s'y sentir foutrement bien, et plus on est de fous plus ça rigole, plus ça gueule dans toutes les langues, plus ça prie dans toutes les religions, plus ça compte avec d'anciennes monnaies déjà mortes et fantômes, plus ça réinvente d'autres langues métissées & mal foutues pour continuer d'inventer une littérature que personne n'avait prévu, et plus ça fout le bordel dans les frontières et les flux migratoires. Tant mieux. Mais l'important, je le dis comme je pense, c'est bien la place qu'on va laisser aux Roms. Petit peuple mal vu. Les Roms sont une nation sans pays. Un peuple sans terre et qui n'en veut surtout pas. Alors les Roms on quelque chose d'important à nous apprendre. Quelque chose d'inouï, d'inoubliable. Il faut les écouter chanter quand ils enterrent les morts des pogroms. Ils ne crient pas vengeance, ils continuent la vie, c'est à dire inventer le voyage, la traversée. Tant mieux pour nous. Moi l'europe j'en veux encore, encore plus si l'europe est le seul coin du monde où l'on invente un lieu de passage aux fils du vent là-bas, et si ensuite on est capables de libérer du même coup les enfants par ici. Les enfants d'ici sont des prisonniers politiques. Ne l'oublions pas. Prisonniers d'une réalité pathogène, d'un monde adulte et vieillissant. Alors oui laissons leur le passage. C'est notre vœu le plus sincère.
Tieri Briet, éditeur (Où sont les enfants?) de livres gitans pour les enfants de Schengen.
Merci à toi Tieri pour ces mots emouvants.
J'ai commencé il y de c ela quelque smois un textes sur les gens du voyage. Ce n'est qu'une ébauche.
1.
Les caravanes sont revenues ce matin. Où peut-être étais-ce hier. Je ne sais plus. Ça n’a pas d’importance d’ailleurs. Je n’ai plus aucune notion du temps depuis le départ de Vincent. Mon jumeau, mon frère de tout. Je ne sais pas ce qu’il reproche à mes parents ni depuis combien de temps il survit sur ses réserves de patience. Il est parti la semaine dernière, sans colère. Il a simplement fermé la porte derrière lui, sans bruit. Je porte son dernier regard comme un secret. Vincent ne m’a rien dit, n’a rien dit à personne. J’aurai dû l’entendre, comprendre son silence. Il est trop tard maintenant. Il reviendra. Ou ne reviendra pas. Lui seul le sait. Je me suis installé dans une attente passive sans temps.
Les caravanes sont revenues ce matin. Je m’étonne de n’avoir rien vu, de ce manque d’attention. Cette année, je n’ai pas surveillé attentivement le petite parking derrière le supermarché comme je le fais depuis mes sept ans, mon âge de raison et de grande décision : vivre avec Olga. Il y a encore un mois, je passais des heures à scruter ce terrain vague d’herbes folles en essayant de retrouver le visage de ma roumaine dans la moindre poussière de terre noire soulevée par les premières bourrasques d’hiver. Mon frère m’a complètement détourné de l’accueil que je réserve aux caravanes, à ses occupants nomades. Vincent m’a éloigné de ma vie.
21:51 Publié dans on en parle... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : roms, tsiganes, textes, voeux
04 janvier 2007
Mots nouveaux
Pour commencer ce nouveau cycle de jours, et en attendant la fête du Têt (le nouvel an dit "chinois" mais en fait davantage asiatique, qui aura lieu le 16 et 17 fevrier prochain), voici quelques brides de poèmes et de réflexions d'un ami poète : Elie Delamare-Deboutteville.
Le temps aboutit forcément à Dieu.
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En écrivant, on prend le parti des mots.
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Quand on écrit un poème autant le faire absolument.
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La folie demande beaucoup de calme.
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Je suis perdu dans le paradis.
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L'humour chez l'enfant vient de l'étonnement.
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Nous sommes des intellectuels. Nous pouvons voir mais nous ne pouvons plus savoir.
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Nous sommes tous des aérodromes, quelque part.
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Peindre c'est un jeu dont on n'entendrait pas le rire.
07:44 Publié dans Création | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie, têt, reflexion

