24 septembre 2007
Champ de fleurs.
Ce cri qui traverse mon silence, c'est ton petit souffle court et appeuré au milieu de la nuit. Il n'y a donc personne pour toi non plus. Nous sommes deux solitudes inconsolables. Abandon, trahison. Existe-t-il un amour assez grand pour panser ces blessures, petite fille ? Je suis celle qui t'a trahie, celle qui t'a abandonnée et celle aussi qui te consolera. Ne crie plus, petite enfant. Il n'y a pas de nuit dans mon coeur, il n'y a pas d'ennui. J'ai juste fait pousser un champ de fleurs qui s'ouvrent quand tu souris.
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23 septembre 2007
Ton calme.
Tu dors encore en mon âme. Je sens ton coeur calme, malgré ma tempête quotidienne. Je resiste et fais face en souriant, je repousse la menace qui me blesse pourtant. J'écoute la trace de ton souffle dans mes poumons suffoqués de colère. Et j'espère, malgré la douleur, et je ris dans mes pleurs. Et tout reste calme autour de toi, c'est le principal, n'est-ce pas ?
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15 septembre 2007
L'attente.
Je te construis chaque jour, petite fille. A partir de souvenirs qui ne sont pas, qui ne sont plus. Ma mémoire n'a rien voulu garder de toi. Et je refuse ses mises en garde, ses réactions émotives. Trop de pleurs en moi quand je crois te reconnaitre, petite enfant sans visage. Je pleure ta perte et ton abandon obligatoires. Parce que la porte à franchir entre toi et moi doit être trop violente. Personne ne m'a rien dit. Je le sens simplement. Mais je saurai gratter à main nue pour te retrouver. Je sais que tu m'attends. Je sais que tu m'attends.
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13 septembre 2007
Tout a brulé
Je doute parfois, petite fille. Je doute de moi et de ta présence. N'as tu jamais existée ailleurs que dans mes pensées ? Ne serais-tu pas qu'une joyeuse illusion de mon esprit ? Et si je demandais une preuve de toi, que me donnerait-on ? Un peu de vent et des traces d'encre... Des traces d'encre sur mes doigts fins, des traces que j'imprime en moi, parce que toi, toi physiquement, tu n'es plus rien. Mon cerveau à préféré tout brûler, tout oublier. Trop mauvais souvenir que tu es, petite fille. Mais je doute de mon esprit aussi, je lutte pour t'atteindre et te serrer un jour dans mes bras tristes.
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06 septembre 2007
Dis-moi
Je n'ai pas l'amour facile, tu sais. Je pourrais te parler de mes sentiments de femme désertée. Mais je ne le ferai pas, je tiens à ton innocence, à ta joie. Oui, ta joie surtout, seule et pleine. Petite reine de mes écrits, que ta joie demeure, que ma peine vienne. Silence de mes pleurs puissance de tes rires. Parce que tu ris encore, parce tu ris toujours, parce que tu es le rire ! Mon petit rire de coeur qui pique les yeux. Je me répètes ? Mais le bonheur peut-il se répéter petite fille ? Dis-moi, toi qui sais...
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04 septembre 2007
Brume de septembre
Je t’ai aperçu ce matin, tu sais. Sans le vouloir. Au coin d’un rêve, tu semblais attendre. Et tu souriais dans le soleil de septembre. Brume d’enfant. C’est un joli spectacle que tu m’offrais, petite fille. Moi aussi j’ai attendu. Trop attendu. J’ai attendu comme toi, avec beaucoup d’espoir et d’impatience. Sans sourire aussi. J’ai attendu en pleurant, en renonçant. Je n’attends plus. C’est fini. Et c’est maintenant que je te vois, sans jamais t’avoir attendu, sans jamais t’espérer. Tu te montres telle que tu es, ravissante. Lumineuse petite fille du soleil.
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03 septembre 2007
Ton cri dans mon silence.
J'entends tes cris, j'entends tes rires, j'entends ta vie et je soupire. Ce n'est pas pour moi que tu vis, il faut que je m'y fasse. Tu vis pour toi et pour toi seule. Tu es dans le vrai. Et je suis jalouse. Parce que je suis triste. Surtout n'écoutes pas ces dernières paroles. Je me parle haut. Je me parle fort, pour ne pas croiser mon silence sauvage. Il n'y a même plus d'échos dans ma voix monotone, ma voix monocorde. Seule encore. Pourquoi pleurer ? Personne ne me voit. Je suis un être invisible, sans passé. Vis donc petite fille et ne m'en veut pas si aujourd'hui je ne te regarde pas. Ton simple rire suffit à ma souffrance.
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30 août 2007
Enfance cruelle
J'aimerais te connaitre, tu sais. Pour savoir qui je suis ? Oui peut-être. Mais qui parle ? Tu es loin, mon enfance. Et tu es morte en moi depuis trop longtemps. Je voudrais te ranimer. Je connais les gestes, les formules. Et je saurai être patiente, petite morte sauvage. Mais je ne te connais pas. Et tu ne me connais pas. Deux inconnues dans un même miroir. Tu souris dans ton sommeil, je suis ta flamme de vie sensorielle. Mais le vent encore passe. Je m'éteins et tu ris, je t'étreins et tu cris. L'enfance est cruelle, parfois.
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28 août 2007
L'unique chemin
Coup de vent. La porte s’ouvre. L’enfant ne veut pas avancer. Elle sait. Sans savoir. Elle sent. Sans pouvoir. C’est l’unique chemin qui mène à moi. Je n’ose pas la regarder. Encore moins lui sourire. Elle est prête à fuir. De tous ses muscles. Tremblante enfant. Si tu décidais de voir mes pupilles, tu apprendrais le mot amour. Je ferme pourtant les paupières. Noir amer. Tu t’effaces encore. Il ne reste rien de toi. Seulement du sable de souvenir qui gratte le cœur à en pleurer.
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26 août 2007
Fin de l'enfance.
L'enfant me regarde. L'enfant m'appelle. Elle m'appelle et je ne peux répondre à ses voeux. C'est un cri silencieux. Une plainte sans parole. Une larme qui coule et le rire qui s'envole. Fin de l'enfance. Je ne sais plus comment jouer, j'ai perdu le mode d'emploi. Et tu restes seule dans ton enfance, petite fille qui ne sait pas, oh qui ne sait pas l'avenir. Ne me regarde pas grandir. Ne me regarde pas partir, puisqu'il faut te laisser. Je n'ai rien à t'apporter. Je n'ai rien que mes mains et mon coeur qui saigne. Qui saigne en battant fort sur mes tempes. C'est à toi que je pense quand mon coeur bat lentement. Lentement. Lentement.
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