10 mai 2008
Papa-barque sur le blog Journal d'un libraire
Vous trouverez ci-dessous une critique très élogieuse et très juste de Papa-barque, publiée en février dernier sur le blog "journal d'un libraire". Qu'il en soit sincèrement remercié !!!
Dans le jury incorruptible auquel j'appartiens, il y a discussion, débat. J'aime ça. De plus en plus spécialisé en libraire pour enfants doués voire surdoués, j'aime parfois penser et sans me forcer, que tous n'ont pas la même chance. J'aime aussi quand d'un seul coup un livre arrive, et qu'il ne parle pas à tout le monde de la même manière. J'aime me dire que je serai là quand la personne qui a besoin de ce livre viendra le chercher. Parce que je suis sur que ce livre est déjà à quelqu'un, et même à plusieurs personnes et pas forcément les plus concernées. Parce que c'est un livre de qualité, au delà de son originalité, de son point de vue. Certains albums sont un peu des essais. Ils ouvrent le dialogue ou le débat d'une manière singulière, contemporaine. Il commence comme ça : " je suis né sans papa. C'est maman qui me l'a dit." Illustré par Yan Thomas, il a trouvé l'illustration qu'il fallait à ce récit, psychologique, intime. L'intime dérange toujours un peu dans ce qu'il est une confidence et qu'il pose toujours la question des questions qu'on va donner à nos enfants. Alors ce livre sans doute et je l'espère sera porté par les bibliothécaires, classé thématiquement puis appartenant à celui qui l'empruntera parce que dedans il y a quelque chose qui questionne, ce papa qui n'est pas là, et cette maman qui s'occupe de tout et fait sans papa. Moi, l'intime ne me dérange pas et Magali Turquin a sans doute dû faire un long voyage avant de livrer ce texte et de le dédicacer : "a mon père pardonné", citant en préambule les têtes raides "poussière de toi / dans l'infini de moi". La quête de tendresse de cette enfant est très touchante et très forte comme le regard qu'il a sur son seul parent. "Je t'aime papa seul", quelle plus belle langue d'enfant que cette invention de langage ? La générosité d'un enfant qui inverse la question "Mais lui, mon papa, comment il se débrouille sans moi ?" Il invente un papa-barque et le fait voyager dans ses questions, ses représentations... C'est très beau et en dehors du boulot je croise tellement d'enfants doués aussi mais sans papa pour x et x raisons. Ce livre fait remonter en moi deux souvenirs deux lectures : "fils de clown" et Zola quand la vieille Maquart va enfin trouver l'amour dans le regard d'un enfant loin de tout ce que peuvent penser les adultes. Un enfant aime et ne juge pas, et c'est sans doute la force de ce livre bien singulier. Et je suis même sur qu'il intéresserait ceux qui ont tout, parce que les enfants pensent, s'interrogent. "Papa-barque" de Magali Turquin et Yan Thomas pour l'illustration aux éditions du Jasmin...
20:36 Publié dans Critique de livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : critique, papa-barque, magali turquin, yan thomas
03 juin 2007
Cent voi(x)es
Je reviens de loin. De moi.
Ou je n'étais plus. Ou je ne suis pas encore. Pas tout à fait.
Sans voix.
Sans voie.
Tracer son chemin prend du temps. Et de l'énergie.
J'ai creusé, creusé. Au lieux d'avancer. Je me suis enfoncée. Jusqu'au cou.
Au-delà.
Sans rien trouver. Même pas un moral d'occas'. Alors j'ai arrêté de creuser. Je rebouche maintenant les trous. Il en reste des bosses. Des bosses au coeur. Mais des bosses c'est mieux qu'un terrain plat.
Ca fait des mini montagnes, ça donne du relief, ça permet de voir pus loin quand on est dessus. J'ai un coeur cabossé qui forcement ne tourne pas rond. Mais c'est ainsi. C'est mon coeur. Et je l'aime bien, ce petit coeur cabossé. J'écris un texte sur lui en ce moment. Entre autres textes. Plein de textes. Beaucoup d'envie d'écrire aussi. Mais le temps qui emporte tout. Tout. Sauf la fatigue.
Tout. Sauf au fond de moi l'espoir. Petite lumière de vie.
Comme le chante Grand corps malade : "La vie c'est gratuit et je vais me resservir !"
Alors je me ressers et sur ce plateau vous aussi vous reprendrez bien un petit peu de ce sourire timide qui ne me quitte pas. Un sourire en entrée et en plat principal, et oui, un livre !!!
Nouveau.
Encore chaud.
Un album pour les grands et les petits. Sur la vie. Sur l'amour. Sur les papas, les mamans et les enfants au milieu.

13:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : livre, magali turquin, yan thomas, amour, relation, père, mère




