22 septembre 2007

La place.

 

Tout est parfaitement à sa place depuis bien longtemps, petite fille. Et rien ni personne pour remonter l'insant, revivre une seconde fois ma vie de petite fille. Te retrouver enfin. Me revivre pour aller à ta rencontre, bras ouverts, tête nue. Il n'y a que la pluie pour m'accueillir. C'est pour cela que je l'aime tant. Chaque goutte est un doute effacé, une croute qui disparait et une peau neuve pour te surprendre, mon enfant si loin. Mais tout est parfaitement à sa place et plus personne pour deplacer le moindre cailloux. Le bonheur est si fragile qu'il ne faut plus rien tenter. Moi je me risquerai au malheur. Je tiens si peu à moi et tellement à toi.

15 septembre 2007

L'attente.

 

Je te construis chaque jour, petite fille. A partir de souvenirs qui ne sont pas, qui ne sont plus. Ma mémoire n'a rien voulu garder de toi. Et je refuse ses mises en garde, ses réactions émotives. Trop de pleurs en moi quand je crois te reconnaitre, petite enfant sans visage. Je pleure ta perte et ton abandon obligatoires. Parce que la porte à franchir entre toi et moi doit être trop violente. Personne ne m'a rien dit. Je le sens simplement. Mais je saurai gratter à main nue pour te retrouver. Je sais que tu m'attends. Je sais que tu m'attends.

04 septembre 2007

Brume de septembre

 

 

Je t’ai aperçu ce matin, tu sais. Sans le vouloir. Au coin d’un rêve, tu semblais attendre. Et tu souriais dans le soleil de septembre. Brume d’enfant. C’est un joli spectacle que tu m’offrais, petite fille. Moi aussi j’ai attendu. Trop attendu. J’ai attendu comme toi, avec beaucoup d’espoir et d’impatience. Sans sourire aussi. J’ai attendu en pleurant, en renonçant. Je n’attends plus. C’est fini. Et c’est maintenant que je te vois, sans jamais t’avoir attendu, sans jamais t’espérer. Tu te montres telle que tu es, ravissante. Lumineuse petite fille du soleil.   

30 août 2007

Enfance cruelle

J'aimerais te connaitre, tu sais. Pour savoir qui je suis ? Oui peut-être. Mais qui parle ?  Tu es loin, mon enfance. Et tu es morte en moi depuis trop longtemps. Je voudrais te ranimer. Je connais les gestes, les formules. Et je saurai être patiente, petite morte sauvage. Mais je ne te connais pas. Et tu ne me connais pas. Deux inconnues dans un même miroir. Tu souris dans ton sommeil, je suis ta flamme de vie sensorielle. Mais le vent encore passe. Je m'éteins et tu ris, je t'étreins et tu cris. L'enfance est cruelle, parfois. 

28 août 2007

L'unique chemin

Coup de vent. La porte s’ouvre. L’enfant ne veut pas avancer. Elle sait. Sans savoir. Elle sent. Sans pouvoir. C’est l’unique chemin qui mène à moi. Je n’ose pas la regarder. Encore moins lui sourire. Elle est prête à fuir. De tous ses muscles. Tremblante enfant. Si tu décidais de voir mes pupilles, tu apprendrais le mot amour. Je ferme pourtant les paupières. Noir amer. Tu t’effaces encore. Il ne reste rien de toi. Seulement du sable de souvenir qui gratte le cœur à en pleurer.

26 août 2007

Fin de l'enfance.

 

 

L'enfant me regarde. L'enfant m'appelle. Elle m'appelle et je ne peux répondre à ses voeux. C'est un cri silencieux. Une plainte sans parole. Une larme qui coule et le rire qui s'envole. Fin de l'enfance. Je ne sais plus comment jouer, j'ai perdu le mode d'emploi. Et tu restes seule dans ton enfance, petite fille qui ne sait pas, oh qui ne sait pas l'avenir. Ne me regarde pas grandir. Ne me regarde pas partir, puisqu'il faut te laisser. Je n'ai rien à t'apporter. Je n'ai rien que mes mains et mon coeur qui saigne. Qui saigne en battant fort sur mes tempes. C'est à toi que je pense quand mon coeur bat lentement. Lentement. Lentement.