09 septembre 2007

Le matin

 

 

Je me suis levée avec le soleil, petite fille. Seule ta respiration lente et profonde troublait le silence. Posés sur tes cils, nous avons attendus. Parce que je peux encore attendre pour toi. Tu as ouvert les yeux et souris. Le soleil t’a un peu éblouis, mais tu n’as rien dit. Et tu ne m’a pas vu. J’appartiens pourtant à ton premier regard petite enfant, et cela suffit à me ravir. Je vis dans ta prunelle et regarde le même monde que toi, désormais. J’observe avec tes yeux d’enfant l’émerveillement de l’instant.

08 septembre 2007

J'ai prêté mon enfance

 

De ma porte, en me penchant, je vois ta chambre. Tu joues, petite enfant. Tu joues avec un tel sérieux, une telle concentration, que tu ne sens pas mon regard se poser sur ta nuque tendue. Tu joues comme si ta vie en dépendait. Et ce doit être vrai. Ton jeu envahit tout le reste. Ton jeu m'exclue et m'éloigne de toi, puisque je ne sais plus jouer. J'ai perdu toutes mes billes, cassée mes poupées. Un jour, j'ai prêté mon enfance aux adultes. Pour leur plaire. Ils ne me l'ont jamais rendue. Sois égoïste de ton enfance, petite fille. Ne laisse jamais personne t'en détourner. Fais ça pour toi, pour moi, mon enfance chérie.

30 août 2007

Enfance cruelle

J'aimerais te connaitre, tu sais. Pour savoir qui je suis ? Oui peut-être. Mais qui parle ?  Tu es loin, mon enfance. Et tu es morte en moi depuis trop longtemps. Je voudrais te ranimer. Je connais les gestes, les formules. Et je saurai être patiente, petite morte sauvage. Mais je ne te connais pas. Et tu ne me connais pas. Deux inconnues dans un même miroir. Tu souris dans ton sommeil, je suis ta flamme de vie sensorielle. Mais le vent encore passe. Je m'éteins et tu ris, je t'étreins et tu cris. L'enfance est cruelle, parfois. 

28 août 2007

L'unique chemin

Coup de vent. La porte s’ouvre. L’enfant ne veut pas avancer. Elle sait. Sans savoir. Elle sent. Sans pouvoir. C’est l’unique chemin qui mène à moi. Je n’ose pas la regarder. Encore moins lui sourire. Elle est prête à fuir. De tous ses muscles. Tremblante enfant. Si tu décidais de voir mes pupilles, tu apprendrais le mot amour. Je ferme pourtant les paupières. Noir amer. Tu t’effaces encore. Il ne reste rien de toi. Seulement du sable de souvenir qui gratte le cœur à en pleurer.

19 août 2007

Un cri de mots.

 

Il s’arrêta en pleine rue, sans dire un mot, les mains en peine sur ses larmes incertaines. Il pleurait de douleur, de fureur de vivre peut-être. De cette vie comme une plaie ouverte qui laisserait le vent sécher tout ce sang, tout ce trop plein de sang et de pleurs qui coulent sur la terre .En pleine rue, inconnu, il s’est arrêté pour pleurer, il ne peut plus lutter de façon horizontale. Comme rester debout, homme debout, face à toutes ces atrocités. En pleine rue, il s’est assis, couché, recroquevillé et tant pis si ça ne se fait pas, tant pis si on le regarde de travers, oui, tant pis, la honte n’est plus là, elle a infecté tous les cœurs qui continuent de marcher et de battre pour leur seul plaisir de battre la mesure du temps qui passe. Assis, couché, pleuré. Assez de rire atrophiés.

 

La vie est ainsi faite, je suis en pleine "floraison d'écriture ". Comme les champignons, entre la pluie et quelques rayons de soleil, j'ai l'esprit qui pousse !

 

15 juin 2007

Sans rien livrer.

Fermer la porte. Maintenant.

Je sais d'où je viens. J'ai vu.

Miroir.

Moi devant moi.

Emoi.

Je n'ai plus envie.

Et pourtant.

Je me colle à la peau.

Collante. Gluante.

Rester la même.

Quelle suffisance !

Une autre?

Quelle ignorance.

Et puis, finalement,

quelle importance...

Puisque je n'ai jamais été moi. Vraiment.

Trop peur.

Je suis moi dans mes livres.

Je me livre.

Facile, je sais.

Et m'évade.

Mais qui me lit ?

Mais qui me lie ?

 

 

21 mars 2007

souvenir et suite.

 

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Il y a de cela quelques semaines, je commencais un nouveau texte fondé sur les "roms". (petit lien du souvenir)

http://magaliturquin.hautetfort.com/archive/2007/01/10/a-...

Je vous indiquais que j'allais continuer. Et bien, parole tenue. Voici la suite (avec le début, sinon les nouveaux lecteurs ne vont rien comprendre !)

Je ne sais pas encore où me conduira ce texte. Pour la première fois, j'ai écris un premier jet du dernier chapitre, mais je le garde secrètement.

 

 

1.

Les caravanes sont revenues ce matin. Où peut-être était-ce hier. Je ne sais plus. Ça n’a pas d’importance d’ailleurs. Je n’ai plus aucune notion du temps depuis le départ de Vincent. Mon jumeau, mon frère de tout. Je ne sais pas ce qu’il reproche à mes parents ni depuis combien de temps il survit sur ses réserves de patience. Il est parti la semaine dernière, sans colère. Il a simplement fermé la porte derrière lui, sans bruit. Je porte son dernier regard comme un secret. Vincent ne m’a rien dit, n’a rien dit à personne. J’aurai dû l’entendre, comprendre son silence. Il est trop tard maintenant. Il reviendra. Ou ne reviendra pas. Lui seul le sait. Je me suis installé dans une attente sans temps.

Les caravanes sont revenues ce matin. Je m’étonne de n’avoir rien vu, de ce manque d’attention. Cette année, je n’ai pas surveillé attentivement le petit parking derrière le supermarché comme je le fais depuis mes sept ans, mon âge de raison et de grande décision : vivre avec Olga. Il y a encore un mois, je passais des heures à scruter ce terrain vague d’herbes folles en essayant de retrouver le visage de ma rom dans la moindre poussière de terre noire soulevée par les premières bourrasques d’hiver. Mon frère m’a complètement détourné de l’accueil que je réserve aux caravanes, à ses occupants nomades. Vincent m’a éloigné de ma vie.

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2.

La première fois que j’ai découvert le campement des « gens du voyage » j’avais six ans. Je m’en souviens parfaitement. Il faisait encore noir et maman nous emmenait à l’école en voiture. Elle était en colère parce que nous avions loupé notre bus. Mais elle n’a rien dit. Nous avions tout fait pour rater ce maudit car de ramassage scolaire. Le chauffeur avait peur de nous parce que nous étions jumeaux. Il nous surveillait dans son retro. Nous devions toujours nous asseoir à la même place, sans parler ni se retourner. Ne pas tenter d'inverser nos identités. Il voulait absolument savoir qui était qui. Quel con ! Qu’est-ce qu’on a pu s’amuser avec ça ! Dans le bus, à l’école, avec les copains, les cours de foot et de piano. Il n’y a qu’avec les parents que ça n’a jamais marché. Même notre grand-mère nous confondait ! Le chauffeur de bus nous acceptait parce qu’il était obligé. Sinon, je crois qu’ils nous auraient déjà jeté au feu. Comme les sorcières et les arabes qui osaient salir son putain de bus. Ça se voyait dans le regard méprisant qu’il nous jetait. Nous tous, les jumeaux, les noirs et les arabes qui occupions les trois quart des places. Je crois que si je le recroisais aujourd’hui, je me gênerais pas pour lui cracher au visage.  

Dans la voiture, Maman ne parle pas. Elle ne parle plus beaucoup maman. Elle se contente d’être passive et d’attendre le soleil ou les sourires. Je ne sais pas. Je suis trop petit peut-être. Vincent semble avoir tout compris lui. Il regarde maman mystérieusement. Nous avons pourtant le même âge mais Vincent paraît plus âgé que moi, plus responsable. Plus fort. Plus triste aussi. Il a toujours le dessus dans nos bagarres, parce que je le laisse gagner. C’est ce que je me dis. Parce que je préfère aussi. Il se fait engueuler par mon père pendant que je me fais cajoler par ma mère. Alors je préfère. Oui, je préfère. Lui il ne pleure pas. Il assume en hochant gravement la tête. Comme un adulte. Avec le recul, je me dis que si Vincent est parti c’est parce qu’il ne supportait plus d’être le responsable de notre couple. Je dis couple parce que nous étions tout le temps ensemble et c’est ensemble que nous étions bien. On ne risquait plus rien et tous les regards bizarres, toutes les insultes nous passaient dessus sans nous atteindre.

 

05 décembre 2006

Grand sourire

 

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Yes, yes, yes, 3 jours de repos !!!

 

Autant dire des grandes vacances ! A moi la montagne, la mer, la campagne…

Mais non, c’est pour de rire ! Je suis studieuse et pense prioritairement à vous cher(e)s lecteur (trice) qui vous lamentez jour après jour de ne pas pouvoir lire de nouvelles notes sur mon blog. Ben mes cochons (c’est super affectueux, hein, pas de mauvaises pensées !), vous allez être servis !

Et avant toute chose, une nouvelle que je voulais vous délivrer depuis bien longtemps, avant Montreuil, avant la mort de Noiret et le début de mes horaires professionnels de Noël.

 

 

                       Courant 2007 (pas encore de date arrêtée), je vais publier un nouvel album !!!

 

 

OUI !!! Je ne peux bien sûr pas vous en parler en détail mais je peux déjà vous donner les nom de la maison d’édition qui a l’audace et le courage de publier ce texte : Où sont les enfants ? Une très bonne petite équipe qui prend des risques et qui fait confiance.

 

 

 

Qu’est-ce que je peux vous dire d’autre sans tout dévoiler ? Les illustrations, comme dans les autres ouvrages (Petite brouette de survie, L’amour à Gogo, Mlle Zazie et les femmes nues, Disparue, La nef des fous, Histoire à dormir debout) seront des photos.  Je tiens énormément à ce texte. Il parle d’enfants (pour ceux qui me connaissent un peu, ç’est évident que ça parle d’enfants !), de l’amitié éternelle de deux petites filles et de l’espoir que porte cette amitié.

 

Je suis heureuse et fière de publier chez cet éditeur. Dans quelques mois (premier trimestre 2007), vous pourrez lire un article complet sur cette maison d’édition dans la Revue Crokalire. Bien entendu,vous aurai droit à une piqûre de rappel !

 

L’ouvrage n’est pas encore terminé, il faut maintenant travailler sur les photos (non, non, ce n’est pas moi qui les réalise !). Pour la première fois, j’ai travaillé des idées de photos avec une photographe. C’est très intéressant et ça permet de prendre du recul et d’apporter des questionnements sur son propre travail.

J’ai hâte de voir les premières photos avec et sans le texte (puisque les photos ont leurs propres expressions et qu’heureusement, tout comme l’illustration, n’a pas pour but premier de reprendre ce que dit déjà le texte.)

 

Il faut croire que l’idée de la photo me poursuit avec bonheur puisqu’il y a de cela un mois environ, un ami photographe professionnel a fait appel à moi pour écrire un texte à partir d’un de ses projets photographiques. Le résultat est surprenant, original. Nous l’avons montré à quelques éditeurs (à Montreuil) et tous ont été enthousiasmés par le projet !

 

Et j'ai pas mal d'amis photographes (hé hé hé !!!)

 

Allez, je vous laisse. J’ai d’autres notes à concocter, des mails à envoyer, des textes à relire, à écrire, à imaginer et puis le chat à nourrir !!!

 

  ps : Si vous n'arrivez pas à laisser de notes, n'hésitez pas à me le faire savoir à l'adresse suivante : magaliturquin@hotmail.com