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28 septembre 2007
Poussière de toi.
J'ai appris à me taire et à baisser les yeux, petite fille. Mon regard de feu ne devait pas plaire au Père-tout-puissant. On m'a collé les paupières et fait dormir longtemps. Pas de traces d'hier et du bonheur d'avant. Tu fais partie de cette poussière soulevée trop brusquement. Et tu scintilles, oh petite fille fière. Tu scintilles et tu me manques tellement.
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27 septembre 2007
L'invention.
J'écris depuis longtemps ces mots que tu ne comprends pas. Et dont tu n'as nullement besoin. Je les écris pour moi et ma peine sans fin. Egoïste souveraine de ton univers serein. Petite fille sans tourmente sous ton ciel bleu, invente-moi, s'il te plait, invente-moi un monde parfait.
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26 septembre 2007
Le bleu des yeux.
Je crois que cette nuit, tu as grandie, petite fille. Tu délaisses tes jouets et ton regard semble sombre. Oh, petite enfant, ne perds pas le bleu de tes yeux, le rouge de tes joues et le blanc de ton coeur. N'écoutes pas les sirènes, simples merles moqueurs. Tout est illusion et toi seule connait le secret des lucioles et des nuages éphémères.
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25 septembre 2007
Face à face.
Il n'y a plus de miroir, plus de porte-fenêtre. Il n'y a plus que toi et moi. Face à face. Et l'avenir que je te prêtes. Tout est à toi. tu ne le sais pas. Bien peu de choses, mais l'essentiel. Le sourire, la confiance et le charme innocent de tes premières années. J'ai coupé toutes les ronces, déjoué tous les pièges, j'ai renoncé à mes rêves pour que tu puisses rêver. Et tu avances seule dans ce petit bonheur que je te construis.
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24 septembre 2007
Champ de fleurs.
Ce cri qui traverse mon silence, c'est ton petit souffle court et appeuré au milieu de la nuit. Il n'y a donc personne pour toi non plus. Nous sommes deux solitudes inconsolables. Abandon, trahison. Existe-t-il un amour assez grand pour panser ces blessures, petite fille ? Je suis celle qui t'a trahie, celle qui t'a abandonnée et celle aussi qui te consolera. Ne crie plus, petite enfant. Il n'y a pas de nuit dans mon coeur, il n'y a pas d'ennui. J'ai juste fait pousser un champ de fleurs qui s'ouvrent quand tu souris.
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23 septembre 2007
Ton calme.
Tu dors encore en mon âme. Je sens ton coeur calme, malgré ma tempête quotidienne. Je resiste et fais face en souriant, je repousse la menace qui me blesse pourtant. J'écoute la trace de ton souffle dans mes poumons suffoqués de colère. Et j'espère, malgré la douleur, et je ris dans mes pleurs. Et tout reste calme autour de toi, c'est le principal, n'est-ce pas ?
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22 septembre 2007
La place.
Tout est parfaitement à sa place depuis bien longtemps, petite fille. Et rien ni personne pour remonter l'insant, revivre une seconde fois ma vie de petite fille. Te retrouver enfin. Me revivre pour aller à ta rencontre, bras ouverts, tête nue. Il n'y a que la pluie pour m'accueillir. C'est pour cela que je l'aime tant. Chaque goutte est un doute effacé, une croute qui disparait et une peau neuve pour te surprendre, mon enfant si loin. Mais tout est parfaitement à sa place et plus personne pour deplacer le moindre cailloux. Le bonheur est si fragile qu'il ne faut plus rien tenter. Moi je me risquerai au malheur. Je tiens si peu à moi et tellement à toi.
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21 septembre 2007
Confidence.
J'ai triché bien des fois, petite fille. Oui, je l'avoue. J'ai triché avec les autres comme avec moi-même. Moi seule le sait et c'est bien là que demeure l'insupportable souffrance. J'ai triché parce que j'ai dit que je n'avais besoin de personne, que je me construisais seule, sans père, sans mère, sans amour et sans terre. Sans passé. Et tu y a cru. Tu as tellement bu mes fausses paroles que tu es partie. Toi seule à eu ce courage. Moi, je ne suis restée accrochée à moi-même, à cette image d'enfant gentille qu'on oublie vite. Vite, vite. Mais toi, tu es partie fâchée, peut-être parce que toi seule m'avais donné ta confiance. Et je m'en mords les doigts jusqu’au coeur.
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19 septembre 2007
Je ne suis rien.
Je suis tellement rien et tout me le crie, petite fille. Et je ne fait rien, clouée sans bruit, je subis mais je sais que le combat viendra, un jour. Et tu seras fière, parce que je serai vraiment moi. Oui, tu viendras, n'est-ce-pas, petite fille ? Tu viendras et je serai toi dans ma révolte, et tu trouveras tout de toi dans ma révolte.
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18 septembre 2007
La demeure.
Même si tu ne veux jamais me voir, ne ferme pas trop fort la porte qui nous sépare. Laisse entre ouvert, pour l’espoir, l’air et le vent qui connaîssent le mouvement de tes murmures. Va voir ailleurs et tu verras que jamais personne ne te regarde comme moi. Parce que je suis toi, petite fille et que tu es toute ma vie. Parce que nous sommes la même sur le fil du temps. Et les cheveux que tu portes, je les porte blancs mais pareillement. Et je te porte en moi et je vis et je meurs chaque fois que je ne te vois pas. Oh petite fille en moi demeure.
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